Saturday, June 11, 2016

Powell's City of Books

Portland, OR

I could live here. Maybe in the Rose Room.

Powell's is like an old warehouse. Nothing about it is shiny or polished. The tables in the coffee room remind me of my grade school cafeteria crowded with long tables I'm sharing with strangers who aren't really strangers. They're kindred spirits, book lovers like me. We understand one another. We're instantly at ease in one another's company. You can keep your Barnes & Noble.

My mission for today is to leave with a French book or an Italian book. The selection is better than that at most university libraries. Maybe something by Natalia Ginsburg or Oriana Fallaci. But --more than that-- I want to linger. In my imagination I plot how I could stay past closing. How I could hide in a corner, evade detection, and sleep here. In the morning I'd have coffee and a biscotto for breakfast, greeted by the smiles of other bibliophiles. Only the ghosts of my favotite authors would know...

If the nerves in your fingertips don't scintillate when turning the pages of a book, you can't understand.

Friday, June 3, 2016

Ils sont tombés

A poignant song written and performed by Charles Aznavour, qui est de ce peuple, i.e., from an Armenian family that migrated to France.




Ils sont tombés sans trop savoir pourquoi
Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre
Avec des gestes lourds comme des hommes ivres
Mutilés, massacrés les yeux ouverts d'effroi
Ils sont tombés en invoquant leur Dieu
Au seuil de leur église ou le pas de leur porte
En troupeaux de désert titubant en cohorte
Terrassés par la soif, la faim, le fer, le feu

Nul n'éleva la voix dans un monde euphorique
Tandis que croupissait un peuple dans son sang
L' Europe découvrait le jazz et sa musique
Les plaintes de trompettes couvraient les cris d'enfants
Ils sont tombés pudiquement sans bruit
Par milliers, par millions, sans que le monde ne bouge
Devenant un instant minuscules fleurs rouges
Recouverts par un vent de sable et puis d'oubli

Ils sont tombés les yeux pleins de soleil
Comme un oiseau qu'en vol une balle fracasse
Pour mourir n'importe où et sans laisser de traces
Ignorés, oubliés dans leur dernier sommeil
Ils sont tombés en croyant ingénus
Que leurs enfants pourraient continuer leur enfance
Qu'un jour ils fouleraient des terres d'espérance
Dans des pays ouverts d'hommes aux mains tendues

Moi je suis de ce peuple qui dort sans sépulture
Qu'a choisi de mourir sans abdiquer sa foi
Qui n'a jamais baissé la tête sous l'injure
Qui survit malgré tout et qui ne se plaint pas
Ils sont tombés pour entrer dans la nuit
Éternelle des temps au bout de leur courage
La mort les a frappés sans demander leur âge
Puisqu'ils étaient fautifs d'être enfants d'Arménie

http://www.paroles.net/charles-aznavour/paroles-ils-sont-tombes#MmR3KifYRQxqM3wL.99

A lovely translation that preserves the poetic quality of the original French:
http://beyondthebluedomes.blogspot.com/2012/04/ils-sont-tombes-song-by-charles.html